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Le lapin chèvre, une race résiliente qui gagne à être connue

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Publié par : Baptiste
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Le lapin chèvre est une race de lapin domestique rare, rustique et étonnamment utile. Je vous explique d’où il vient, comment le reconnaître, ce que dit le standard officiel et pourquoi il mérite encore d’être préservé, surtout dans le Sud-Ouest. Si vous aimez les races qui ont une vraie histoire, vous allez vite comprendre l’intérêt de ce petit lapin pas comme les autres.

Pour commencer, je vous mets une chaîne intéressante si vous voulez voir de vrais élevages de lapins chèvres en action :

https://www.youtube.com/@lelevagedu24/videos

Le lapin chèvre : définition et noms

Un vrai lapin domestique

On part du plus important : le lapin chèvre n’est pas une curiosité hybride ni un animal “entre deux”. C’est bien un lapin domestique, donc Oryctolagus cuniculus, dans l’ordre des lagomorphes et la famille des Leporidae.

En clair, il appartient à la grande famille des lapins et des lièvres, pas à celle des chèvres.

Je précise ça parce que le nom prête facilement à confusion. Ici, “race” veut dire qu’un ensemble de caractères s’est fixé au fil du temps dans les fermes, avec une silhouette, une robe et un comportement assez homogènes.

Ce n’est donc pas un croisement exotique sorti de nulle part, mais une race fermière bien réelle, née dans un contexte rural précis.

Lapin-bique et appellations locales

Dans le Sud-Ouest, on l’appelle aussi lapin-bique ou lapin chèvre du Sud-Ouest. On retrouve même l’expression patoisante “Olé in lapin-bique” en gascon. Ce genre de surnom local raconte souvent une histoire simple : les éleveurs nomment ce qu’ils voient tous les jours, et le langage du terrain finit par s’installer.

Retenez bien : ces noms ne décrivent pas une composition biologique, mais un usage populaire. Le mot “bique” renvoie à la chèvre dans l’imaginaire rural, et la race a gardé ce surnom parce qu’elle a longtemps vécu dans les mêmes paysages, les mêmes fermes et parfois les mêmes enclos que les autres animaux de la basse-cour.

Pourquoi ce nom n’indique pas un croisement

Le point clé, c’est que le lapin ne peut pas être croisé avec une chèvre. Les espèces sont trop éloignées pour produire un hybride viable. Du coup, le nom “chèvre” ne parle pas de génétique, mais de ressemblance visuelle.

Sa robe sombre sur le dessus, plus claire dessous, rappelle celle de la chèvre poitevine : c’est ce contraste qui a marqué les esprits.

Autrement dit, le lapin chèvre doit son nom à son look, pas à un mélange de sang. C’est une nuance importante, parce qu’en élevage comme en vulgarisation, je préfère toujours partir des faits : on évite les mythes, et on comprend mieux la race.

D’où vient le lapin chèvre ?

un lapin chèvre debout aux aguers

Le berceau de Saintonge

Le berceau du lapin chèvre se situe en Saintonge, avec des mentions anciennes autour de Jonzac et Ozillac, en Charente-Maritime. Au XIXe siècle, la race apparaît de façon spontanée dans des fermes où l’on croise des lapins de pays déjà adaptés au milieu local.

Il ne s’agit pas d’un programme de sélection moderne, mais d’une fixation progressive de caractères utiles.

C’est intéressant, parce qu’on voit là la logique de nombreuses races fermières : elles naissent d’abord d’une sélection pratique. Les animaux qui survivent le mieux, qui reproduisent bien et qui valorisent ce qu’on leur donne finissent par s’imposer.

Le lapin chèvre a donc été façonné par le terrain avant d’être décrit par les éleveurs.

this lapin standing in a farmyard

Sa diffusion dans le Sud-Ouest

À la fin du XIXe siècle, la race diffuse dans tout le Sud-Ouest, de la Vendée jusqu’aux Pyrénées. Pourquoi ? Parce qu’elle est rustique et prolifique. Dans une ferme, un animal qui supporte bien l’extérieur, qui valorise l’herbe et qui donne des portées régulières a forcément un avantage.

C’est très concret, et c’est exactement ce qui a fait sa diffusion.

Je trouve que c’est un bon rappel : une race locale ne se répand pas par hasard. Elle se répand parce qu’elle répond à un besoin réel. Ici, le lapin chèvre a rendu service dans des systèmes agricoles où l’on cherchait un lapin capable de vivre sans luxe, mais avec efficacité.

Du déclin à la redécouverte

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la race est presque effacée par les lignées industrielles, sélectionnées pour grossir plus vite et produire plus de viande en moins de temps. C’est logique d’un point de vue économique, mais ça a un coût : on perd des races locales, donc de la diversité génétique et des qualités d’adaptation.

Le lapin chèvre a heureusement été redécouvert dans les années 1980-1990 grâce à Dominique Massoubre, avec l’appui de Jean Coutard, puis remis sur les rails par des éleveurs motivés et des structures de conservation. Pour voir à quoi ressemble concrètement ce travail d’élevage, cette vidéo est très parlante :

La reconnaissance officielle de 2004

Le tournant arrive le 29 mai 2004, quand la Commission Technique et des Standards de la Fédération Française de Cuniculiculture reconnaît officiellement la race. Cette reconnaissance est importante, parce qu’elle fixe un cadre clair : on sait enfin quels caractères garder, quels défauts écarter et comment préserver l’identité du lapin chèvre.

À partir de là, la race passe du statut de souvenir local à celui de patrimoine vivant. Et ça, pour moi, ça change tout : une race reconnue n’est pas seulement “jolie”, elle devient aussi un objet de conservation et de transmission.

Comment reconnaître un lapin chèvre ?

un lapin chèvre qui se repose

Un gabarit moyen et élancé

Le lapin chèvre est un lapin de format moyen. Son poids idéal se situe entre 3,5 et 4,25 kg. Il peut parfois être cité plus lourd dans certaines lignées, mais le standard vise surtout un animal ni nain ni massif. Sa silhouette est arrondie, sans excès de volume, avec un corps plutôt élancé et un avant-train bien développé.

Ce n’est pas un géant, ni un lapin de salon miniature. Sa présence physique est réelle, mais sans lourdeur. Je dirais qu’il a l’allure d’un lapin de ferme solide, construit pour vivre dehors et travailler sa croissance sans fragilité excessive.

La robe tricolore typique

Sa robe est l’un des meilleurs indices de reconnaissance. Le dessus du corps — dos, flancs, tête et extérieur des pattes — est noir dans la variété noire, ou bleu dans la variété bleue, qui correspond simplement à une dilution du noir.

Le dessous, lui, va du blanchâtre au gris crème ou argenté.

Entre les deux, on observe un liseré fauve ou jaunâtre qui forme souvent un collier autour du cou et un triangle sur la nuque. Cette transition doit être nette. Et surtout, la couleur fondamentale doit rester zain, c’est-à-dire sans poils blancs épars.

C’est un détail très utile pour le jugement de race.

Oreilles, yeux et pattes

Les oreilles sont droites, pas tombantes, avec une longueur idéale de 11,5 à 13,5 cm ; le standard tolère environ 11 à 14 cm. Les yeux sont bruns foncés chez la variété noire, et plus bleutés chez la variété bleue.

Les pattes sont fines mais solides, parce qu’un lapin de travail doit rester mobile, stable et bien posé sur ses appuis.

Je vous conseille d’observer aussi la qualité d’ensemble : une oreille trop longue, une tête trop lourde ou des membres faibles tirent l’animal hors du standard. Dans un élevage sérieux, on regarde donc la cohérence générale, pas seulement une belle robe.

Mâle et femelle : les petits détails

Le fanon est nul chez le mâle et minimal chez la femelle. Le fanon, au cas où vous ne connaissiez pas le terme, c’est le repli de peau sous le menton, un peu comme un petit double menton. Chez le lapin chèvre, il doit rester discret, parce qu’un excès alourdit la silhouette et éloigne de l’idéal de race.

La femelle peut paraître un peu plus charpentée, surtout au niveau de l’arrière-main, mais on ne doit jamais confondre ça avec de la lourdeur. En pratique, le sexe se confirme toujours en manipulant l’animal avec méthode, et non en se fiant uniquement à la forme du corps.

Le standard officiel du lapin chèvre

un lapin chèvre en train de manger

Poids idéal et silhouette

Le standard officiel cherche un compromis assez fin : un lapin assez solide pour produire, mais pas trop compact pour garder l’élégance typique de la race. Le poids idéal de 3,5 à 4,25 kg correspond à cet équilibre.

En dessous, on perd parfois en puissance ; au-dessus, on risque de sortir de la silhouette recherchée.

Ce standard n’est pas là pour faire joli sur le papier. Il sert à conserver la race dans un type précis, parce qu’une race sans repère finit vite par dériver. C’est particulièrement vrai pour le lapin chèvre, qui reste une race rare et donc plus vulnérable aux écarts de sélection.

CritèreStandard FFCCe que ça veut dire
Poids idéal3,5 à 4,25 kgUn format moyen, ni nain ni géant
Oreilles11 à 14 cm, idéalement 11,5 à 13,5 cmPort droit et longueur modérée
RobeNoire ou bleue dessus, dessous clair, liseré fauveLe contraste doit rester net
FanonNul chez le mâle, minimal chez la femelleCritère de finesse morphologique
Iris et onglesBruns foncés ou plus clairs selon la variétéLes détails confirment la variété

Poil, sous-poil et texture

Le poil doit être court, lustré, fin et dense. Les poils recteurs, c’est-à-dire les poils de couverture les plus visibles, doivent bien se distinguer. En dessous, le sous-poil est compact, avec un reflet bleuté. Ce mélange donne une robe très propre visuellement, presque “nettoyée” par le standard.

Pourquoi c’est important ? Parce qu’un bon poil protège mieux l’animal des variations extérieures et révèle aussi une sélection sérieuse. Un poil terne, trop long ou trop lâche peut signaler une dérive de type ou un problème d’entretien.

Couleurs admises

Les couleurs admises se résument à deux grandes variétés : noire et bleue. La partie supérieure reste foncée, la partie inférieure claire, et la transition fauve doit être visible. Le but n’est pas d’avoir une robe “mouchetée” ou fantaisiste : le standard cherche une lecture nette de la couleur.

Si vous aimez ce genre de détail, la génétique des couleurs devient passionnante. Elle explique pourquoi deux portées d’un même type peuvent donner des nuances différentes, tout en restant dans le cadre de la race. Cette vidéo aide vraiment à visualiser la logique :

Fanon, ongles et iris

Le standard regarde aussi des détails moins visibles, mais très révélateurs : le fanon, les ongles et les iris. Les ongles sont brun foncé dans la variété noire, plus clairs chez la bleue ; les yeux sont également corrélés à la variété.

Ce n’est pas du chipotage : ce sont des marqueurs utiles pour confirmer l’identité de l’animal.

Je le dis souvent : dans une race rare comme le lapin chèvre, les petits détails comptent autant que la grande silhouette. Si on les néglige, on finit par brouiller le type et par rendre la sélection moins lisible.

Pourquoi le lapin chèvre séduit les éleveurs ?

Une rusticité remarquable

La première qualité, c’est sa rusticité. Un lapin rustique supporte mieux la vie extérieure, les variations de température modérées et une alimentation plus simple, à condition de rester propre et bien logé.

Le lapin chèvre est réputé résistant aux maladies courantes, ce qui explique sa valeur en ferme familiale.

Mais attention : rusticité ne veut pas dire “invincible”. Un abri sec, de l’eau propre, du foin de qualité et une surveillance régulière restent indispensables. Une race robuste, c’est un avantage ; ce n’est jamais une excuse pour négliger les soins.

Un caractère docile

Le tempérament est souvent décrit comme calme et docile. Et ça change beaucoup de choses en élevage. Un animal moins nerveux se manipule plus facilement, stresse moins à la reproduction et se laisse observer sans s’agiter sans arrêt.

Pour vous, c’est aussi plus simple pour les contrôles quotidiens.

Si vous devez le toucher régulièrement, je vous recommande vraiment de lire mon article sur comment caresser un lapin sans le traumatiser. Les bons gestes évitent les mauvaises associations, surtout avec un lapin de tempérament tranquille mais sensible au stress.

Des portées nombreuses

Le lapin chèvre est aussi apprécié pour sa prolificité. Une portée compte généralement 8 à 12 petits. La femelle atteint la maturité sexuelle vers 5 à 6 mois, la gestation dure en moyenne 31 jours (avec une fourchette de 29 à 32 jours), et le sevrage intervient autour de 35 jours.

En système bien conduit, on peut viser jusqu’à 6 portées par an si la saillie est reprise environ 4 semaines après la mise bas, mais ce rythme ne convient qu’à des femelles en excellente condition. Je préfère le dire clairement : la rentabilité ne doit jamais écraser la santé de l’animal.

Une croissance lente mais utile

Sa croissance est plus lente que celle des lignées industrielles, mais ce n’est pas un défaut en soi. Au contraire, cette lenteur peut être recherchée pour une viande plus goûteuse et une meilleure qualité de chair.

Les races industrielles vont vite, mais le goût et la texture ne racontent pas toujours la même histoire.

À titre de repère, certaines races standard de chair peuvent être abattues vers 70 à 73 jours pour un poids d’environ 2,4 à 2,6 kg. Le lapin chèvre, lui, évolue plus lentement. Cela demande plus de patience, mais ça correspond aussi à une autre logique d’élevage.

Une viande appréciée

La viande du lapin chèvre est appréciée dans les circuits familiaux et de proximité parce qu’elle combine goût, rusticité d’élevage et bonne valorisation des ressources disponibles. Un animal capable de bien utiliser l’herbe, le foin et les déchets végétaux fermiers coûte souvent moins cher à nourrir qu’une lignée très spécialisée.

Pour résumer simplement, voici ce qui séduit le plus les éleveurs :

  • Rusticité : il s’adapte bien à l’extérieur et aux fermes simples.
  • Docilité : il est plus facile à manipuler et à observer.
  • Prolificité : ses portées sont généreuses et régulières.
  • Qualité de chair : sa croissance plus lente peut améliorer le goût.

Comment élever un lapin chèvre ?

Le logement extérieur idéal

Le lapin chèvre a été pensé pour l’extérieur, pas pour une vie confinée. Le logement idéal, c’est donc un clapier bien sec, ventilé, protégé du vent, à l’abri de l’humidité et sécurisé contre les prédateurs.

Si vous aménagez une zone plus large, il faut aussi un enclos solide, avec ombre, sol sain et clôtures adaptées.

Je vous conseille, si vous partez de zéro, de lire aussi mon article sur installer un espace lapin dans le jardin. Même si le sujet est général, les principes de sécurité restent les mêmes : accès contrôlé, fermeture fiable, pas de trous d’évasion et pas de contact libre avec n’importe quel animal.

En pratique, je vise toujours un espace propre, facilement lavable et assez grand pour que l’animal puisse se tourner, se coucher et se déplacer sans contrainte. Pour un adulte, plus vous lui laissez d’air et de mouvement, mieux c’est.

Herbe, foin et compléments

L’alimentation du lapin chèvre repose d’abord sur l’herbe et le foin. Le foin n’est pas un “bonus” : c’est la base de l’équilibre digestif et de l’usure dentaire, parce que les dents du lapin poussent en continu.

Le foin de bonne qualité doit être sec, parfumé, poussiéreux le moins possible et toujours disponible.

Si vous voulez aller plus loin sur le sujet, je vous recommande mon guide sur le foin de lapin. Et si vous distribuez le foin en hauteur ou en zone propre, un ratelier à foin pour lapin fait maison peut vraiment améliorer l’hygiène.

Ensuite viennent les compléments. Dans les élevages, on utilise parfois des granulés, c’est-à-dire des aliments compressés complets, à raison d’environ 150 à 350 g par jour selon l’âge, la croissance, la gestation ou l’allaitement.

L’idée n’est pas de “gaver” l’animal, mais de compléter intelligemment ce qu’il tire déjà de son fourrage.

Je vous résume l’essentiel en mode très simple :

  • Foin à volonté : c’est la base de la digestion et des dents.
  • Herbe propre : excellente si elle est saine et non traitée.
  • Granulés mesurés : utiles pour les besoins précis de reproduction ou de croissance.
  • Eau fraîche : indispensable tous les jours, en permanence.

Âge de reproduction et saillies

La femelle peut être mise à la reproduction vers 5 à 6 mois, mais je conseille toujours de vérifier son état corporel avant toute saillie. Le mâle, lui, peut rester reproducteur jusqu’à environ 7 ans s’il est bien maintenu.

Le ratio de gestion indiqué dans les élevages peut monter jusqu’à 1 mâle pour 15 femelles au maximum, mais seulement dans un schéma très organisé.

En réalité, plus l’élevage est petit, plus il faut rester prudent. Un mâle trop sollicité ou une femelle trop souvent reproduite s’épuisent vite. La bonne reproduction, c’est celle qui respecte la condition de l’animal, pas celle qui force le calendrier.

Gestation, portée et sevrage

La gestation dure 31 jours en moyenne, avec une fourchette de 29 à 32 jours. La portée compte souvent 8 à 12 petits, et le sevrage intervient vers 35 jours. Ces chiffres donnent une idée du rythme, mais ils doivent toujours être adaptés à la santé de la mère, à la saison et à l’état d’engraissement.

Dans un bon élevage, on surveille la nidification, le lait, la croissance des jeunes et le poids de la mère. Si une femelle maigrit trop ou si les petits ne démarrent pas bien, on espace les mises bas. C’est là qu’on voit la différence entre gestion sérieuse et simple accumulation de portées.

Soins de base et prévention

Les soins de base sont simples, mais ils doivent être faits avec régularité. Je parle ici de l’eau propre, de la vérification des yeux et du nez, du suivi des crottes, de l’état du poil, des pattes et des dents, sans oublier la litière.

Un lapin qui mange moins, qui s’isole ou qui produit des crottes plus petites doit alerter tout de suite.

Pour l’hygiène quotidienne, mon article sur le nettoyage de la cage à lapin peut vous aider à structurer la routine. Et, franchement, une installation propre fait souvent plus pour la santé qu’un “produit miracle”.

Vaccination, parasites et surveillance vétérinaire restent à envisager selon votre région et votre mode d’élevage. Je vous conseille de demander un protocole clair à un vétérinaire habitué aux lagomorphes, surtout si vous conservez plusieurs animaux ensemble.

Le lapin chèvre en élevage familial

Pour la petite ferme

Dans une petite ferme, le lapin chèvre a toute sa place, parce qu’il combine plusieurs intérêts : reproduction correcte, rusticité, valorisation de l’herbe et gestion relativement simple. Il ne demande pas des installations de luxe, mais il exige de la rigueur.

Et ça, dans une ferme familiale, c’est souvent plus réaliste qu’on ne le croit.

J’aime aussi son côté pédagogique. Pour des enfants ou des adultes débutants, c’est une race qui montre très bien le lien entre alimentation, logement, rythme de reproduction et qualité finale de l’animal.

On comprend vite que l’élevage n’est pas juste une question de “faire naître des petits”.

Pour la production de viande

Si votre objectif est la production de viande, le lapin chèvre s’inscrit dans une logique de lapin de rente. Ce terme désigne un lapin élevé pour produire, et non comme simple compagnon. Dans ce cas, l’intérêt se situe dans la chair, la rusticité et la capacité à valoriser des ressources simples.

La croissance plus lente oblige à réfléchir au calendrier, au poids de sortie et à la qualité finale. Mais cette lenteur peut être un atout si vous cherchez une chair réputée plus fine que celle de certaines lignées ultra rapides.

Je préfère toujours une logique d’élevage cohérente à une course au poids.

Pour un projet de conservation

Le lapin chèvre peut aussi servir de base à un projet de conservation. Là, on ne cherche plus seulement la performance immédiate, mais la stabilité du type, la diversité des lignées et la transmission d’un patrimoine animal.

C’est un travail plus lent, mais franchement plus noble à mes yeux.

Dans ce cadre, on garde des traces, on échange des reproducteurs, on évite les accouplements trop proches et on respecte le standard sans le déformer. Bref, on pense sur plusieurs années, pas sur une seule saison.

Le lapin chèvre, une race rare à préserver

Une diffusion très limitée

La diffusion du lapin chèvre reste très limitée : la race demeure surtout présente dans le Sud-Ouest. Les références de terrain parlent d’environ 20 élevages fermiers en Nouvelle-Aquitaine dans le travail du conservatoire, et d’environ 40 paysans selon Slow Food.

Ce ne sont pas de gros effectifs, et c’est justement ce qui rend la race fragile.

Une race peu diffusée dépend de quelques élevages seulement. Donc, si une lignée disparaît ou si les reproducteurs sont mal gérés, on perd vite de la diversité. Pour une race comme le lapin chèvre, chaque souche compte.

this lapin resting in a grassy enclosure

Un effectif encore fragile

Quand une race passe sous un petit nombre d’élevages actifs, elle devient vulnérable à la consanguinité, aux abandons d’élevage et aux accidents sanitaires. C’est la réalité, pas une vue de l’esprit.

On peut aimer une race rare, mais il faut aussi accepter qu’elle demande de la méthode et de la patience.

Le lapin chèvre a survécu justement parce que quelques passionnés ont continué à le travailler sérieusement. Sans eux, il serait probablement resté dans les archives ou dans les souvenirs de campagne.

Le rôle des clubs et conservatoires

Le Club national du Lapin Chèvre, le CREGENE et Slow Food jouent un rôle concret : ils recensent les animaux, aident à maintenir le standard, organisent les échanges de reproducteurs et donnent de la visibilité à la race.

Ce travail est essentiel, parce qu’une race rare ne se sauve pas toute seule.

Je le dis franchement : dans la conservation animale, le réseau fait souvent la différence. Un éleveur isolé peut faire beaucoup, mais un collectif structuré peut protéger une race sur la durée.

Une place dans l’Arche du Goût

Le lapin chèvre figure aussi dans l’Arche du Goût de Slow Food. C’est une sorte de catalogue patrimonial qui met en avant des aliments, des produits et des races menacées parce qu’ils portent une mémoire, un savoir-faire et une diversité à défendre.

Ce n’est pas un label de consommation à lui seul ; c’est d’abord une alerte culturelle.

Autrement dit, le lapin chèvre n’est pas seulement intéressant pour son aspect ou sa viande. Il est aussi précieux comme trace vivante d’un élevage paysan régional. Et ça, à mon sens, mérite qu’on s’y attarde.

Où trouver un lapin chèvre aujourd’hui ?

Les élevages du Sud-Ouest

Pour trouver un lapin chèvre, il faut d’abord regarder du côté des élevages du Sud-Ouest. C’est là que la race est encore vraiment présente. Je vous conseille de prendre contact directement avec les éleveurs, de demander des photos des reproducteurs, les âges, les poids, l’origine des souches et, si possible, les documents de suivi.

Je vais être direct : pour cette race rare, l’achat en animalerie n’est généralement pas la bonne piste. Si vous voulez comprendre pourquoi je déconseille ce réflexe, lisez aussi mon avis sur l’achat d’un lapin en animalerie.

Pour une race de conservation, on doit privilégier des circuits sérieux et traçables.

Les réseaux de sélection

Les réseaux de sélection et les clubs spécialisés sont souvent la meilleure porte d’entrée. Ils connaissent les éleveurs actifs, les souches disponibles et les animaux à ne pas croiser entre eux. C’est précieux, parce qu’en race rare, la qualité du réseau compte autant que la qualité de l’individu que vous achetez.

Vous pouvez aussi demander si l’éleveur travaille avec le conservatoire ou s’il suit un schéma de reproduction cohérent. Un bon interlocuteur ne vous vend pas seulement un lapin ; il vous explique aussi son type, sa place dans la lignée et les objectifs de sélection.

Quel budget prévoir ?

Le budget annoncé pour un lapin chèvre tourne autour de 25 à 30 € par animal dans les indications les plus courantes. Cela peut sembler accessible, mais il faut être honnête : le vrai coût se situe surtout dans l’installation, l’alimentation de qualité, les soins et le temps que vous allez consacrer à l’élevage.

Si vous cherchez un reproducteur identifié ou une souche déjà bien travaillée, le prix peut monter. Et c’est normal. En conservation, ce n’est pas le tarif d’achat qui compte le plus, mais la valeur de la lignée, la fiabilité du suivi et la capacité à préserver la race sur le long terme.

Au fond, le lapin chèvre mérite mieux qu’un simple achat coup de cœur. C’est une race de travail, de mémoire et de bon sens paysan. Si vous croisez un éleveur sérieux, prenez le temps d’échanger : c’est comme ça qu’on aide vraiment cette race résiliente à continuer son histoire.

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